J’avais l’impression de ne pas avoir écrit ici depuis une éternité. En ouvrant l’éditeur, hier soir, je ne pouvais que constater qu’il ne s’agissait pas juste d’une simple impression. Je n’ai pas écrit depuis une éternité. Point. Carnet papier compris. Pas qu’ici, donc. Le dernier brouillon en suspens dans le dossier idoine commence à dater sérieusement. En plus, je l’aime bien. Mais il me demandera encore pas mal d’efforts avant qu’il ne puisse prétendre à une mise en ligne. Des efforts, et encore un peu de recul, et un peu plus de calme, aussi. Alors je le laisse à nouveau de côté et me permets un simple bavardage, pour ce retour au clavier et au blog. Juste quelques notes, sans grande importance. Telles des annotations sur une feuille de route, en guise de « jusque-là, tout va bien… ».

Ce début d’année est marqué par un rythme de travail encore plus soutenu que celui de la fin d’année écoulée, qui avait pourtant bien failli me mettre à terre. Mais je me sens en meilleure forme, aujourd’hui. Et la pression n’est plus du tout la même. Un peu plus surprenant encore : cette fois, ce rythme un peu échevelé, je ne le subis pas. Je me l’impose. Voire, je l’impose, tout court. Puisque cette accélération s’accompagne parfois d’effets collatéraux. Rien de méchant, je l’espère. C’est un peu plus fort que moi, en ce moment. Il faut que les choses avancent. Lorsqu’elles n’avancent pas assez vite d’elles-mêmes, j’éprouve le besoin de les bousculer un peu. C’est un peu nouveau, je l’avoue. J’ai toujours plus eu pour habitude de laisser venir que de provoquer ou d’inciter.

Je me découvre assidu dans les tâches administratives, les échanges téléphoniques et autres prises de rendez-vous. Et je me suis un peu remis au code, par ailleurs. Tout cela fait que ça me tient assez loin de l’écriture, de la lecture et de la photographie. Ce n’est que pour un temps, seulement. C’est presque un choix mûri. Je considère cela comme un investissement afin de me retrouver en mesure d’apprécier pleinement ces activités, un peu plus tard. Il est sans doute là, le moteur. L’énergie, je la puise principalement dans une alimentation plus saine et équilibrée. Et, au fur et à mesure de mes quelques accomplissements en paperasserie et gestion, je m’allège le moral et m’enlève du frottement gênant, de la friction pénible.

Énoncé de la sorte, tout cela donne un sentiment de « Nouveau Moi ». J’ai appris à ne plus me laisser leurrer par une telle illusion et reste persuadé que nul ne change profondément. Ce ne serait donc plutôt qu'une nouvelle itération de ma personnalité, adaptée au contexte des derniers mois traversés et anticipant les prochains à venir. Une variation de l’ordre de l’epsilon, amplifiée par un probable fond d’une euphorie liée à une situation personnelle qui se décante jour après jour. Finalement, les bonnes choses de cette période ne sont, pour la plupart, que le résultat d’une démarche entamée de longue date maintenant. Ce ne sont presque que des « Enfin ! » de soulagement et porteurs de promesses futures. Je sais donc ne pas avoir vraiment changé. D’ailleurs, je suis toujours aussi méfiant vis-à-vis des promesses…

Outre ces fameuses - ou fumeuses - promesses, le grand chamboulement se joue du côté de la gratification. Les nouveaux efforts consentis portent désormais leurs fruits à court terme, lorsque cela n’est pas instantané, même. C’est là, précisément, que la quasi-euphorie ressentie trouve sa source. C’est ça, sans doute, qui m’invite à forcer un peu plus le coup de pédale. De nouvelles habitudes s’installent, de nouveaux projets se font possibles, de nouvelles envies s’immiscent, et je commence à prendre goût au retour de ces sensations un peu oubliées, mises en sourdine. Alors je compte bien faire tout ce qui est nécessaire pour leur laisser un peu plus de place et leur offrir les meilleures chances. J’admets désormais que les efforts destinés à lâcher du leste ne sont pas peine perdue. Je me retrousse donc les manches.

Au fond…
Je ne suis qu’un bon vieux diesel qui aurait repris quelques couleurs.