Les derniers jours d’août, ce moment où on sent que l’été touche bientôt à sa fin. C’est étrange mais j’aime beaucoup cette période. Au point où j’apprécierais assez d’y rester suspendu. Les températures sont à peine moins élevées en journée, mais plus fraîches en soirée surtout. Je peux enfin retrouver un sommeil plus apaisé. Le plaisir d’un drap léger et soyeux comme simple pellicule protectrice, la nuit. Le luxe de pouvoir fermer, un temps, la fenêtre de la chambre pour me couper du tumulte extérieur. La lumière du soleil, également, m’apparaît plus douce, plus chaleureuse d’être moins brûlante, moins aveuglante. Plus de nuances, plus de teintes variées et chatoyantes. Cette période de transition vers l’automne est pour moi le parfait équilibre. Bien plus que ne peut l’être le printemps, d’ailleurs. Je ne sais pas trop pourquoi et n’ai jamais cherché à le découvrir. Je préfère de loin me contenter de cueillir ces quelques journées, de les apprécier au mieux. Ce qui n’est pas toujours évident, malheureusement. Car ces jours-là sont aussi synonymes de rentrée, de reprise. Du moment où l’on sait que les choses vont se gâter, quoi.

Ces quelques semaines de fin d’été sont donc souvent le siège d’un petit conflit entre le bien-être physique et une remise en question presque systématique. Remise en question qui n’a de cesse que de se renforcer ces dernières années. On touche là l’aspect presque désagréable de cette transition. Au bilan de fin d’année, j’ai depuis longtemps substitué celui de fin d’été. En général, c’est là que je décide de ce que j’aimerais pour la suite, que je commence à mettre en place ce qu’il me serait nécessaire de faire pour espérer concrétiser au mieux mes maigres projets - maintenant que j’en ai des velléités -. Autant dire que ça va être un beau foutoir au milieu du circuit. Des fils vont se toucher, ça va faire des étincelles et je vais être un peu plus bizarre, un peu plus à côté de mes pompes, un peu plus barré que je ne lui suis déjà. La seule bonne nouvelle pour mon entourage est, qu’en général, ça ne se remarque pas trop. La moins bonne, c’est que des changements - petits ou grands - susceptibles de concerner mes proches peuvent se mettre doucement en place sans aucun signe annonciateur, sans que je ne leur fasse part de mes intentions.

Pour la première fois, je réalise que je ne sais pas trop où je vais, encore moins où je voudrais aller. Je me contente de ruminer ce que je veux quitter et fuir. Je procède tout de même à quelques ajustements simples dans mon quotidien, dans ma façon de consommer, par exemple. J’ai fini par accepter qu’une simple variation dans une petite routine pouvait produire des effets conséquents sur le long terme. Alors je tente un peu par là. Sans risques. Pas de révolution. Juste pour commencer. Pour amorcer quelque chose d’un peu plus profond. Pour m’accorder encore un peu de temps à déterminer ce « quelque chose ». J’ai la conviction que le prochain grand changement sera lié à ma condition sociale. Et, pour l’heure, je ne suis pas prêt. Loin de là. Je souhaite une plus grande liberté dans mes choix mais, comme toute liberté, il y aura un prix à payer qui m’est hors de portée actuellement. C’est donc sur cet aspect-là que je vais me concentrer : l’allégement. Apprendre à consommer moins mais mieux. À consommer utile et à consommer plaisir, aussi. Ne plus consommer compulsif me semble une des clés.

Et à l’heure de l’autocritique, aujourd’hui, je prends cher.
Mon chantier s’annonce conséquent.