#1. Caramba !

Je ne m’étais donc pas trompé : sous vos yeux ébahis, voici qu’atterrit un cinquième billet « Fragments ». C’est sans surprise. C’était tellement prévisible. Mais il n’y a pas mort d’homme. Au fond, c’est tout ce qui importe. Ça signifie tout de même que j’ai repoussé un peu plus loin, un peu moins en vue, la pile des choses que je souhaiterais faire évoluer sur ce site. J’y réfléchis toujours régulièrement. Un peu. Je vais sans doute tailler dans ma liste. Mais je ne suis pas encore décidé, au final. Tout ce qui est certain, c’est que je n’ai pas la tête à me lancer dans une refonte actuellement, aussi partielle soit elle. Même sanction pour la montée en version de la mécanique derrière tout ça. Bien que pour ce dernier point, je pourrais très bien profiter d’une petite fenêtre de tir que m’offre cette période de congés.

Car, oui…

#2. Youpi ! C’est les ouacances !

Je désespérais de pouvoir y arriver. Mais, si ! Ça y est ! Ça se concrétise. C’est même officiel depuis vendredi soir. OK, « officiel » : j’avoue devoir encore mettre un peu la main à la pâte ces quelques premiers jours. Non que je sois un « workaholic », juste que j’ai un minimum de conscience professionnelle et que je suis en retard sur un dossier sensible. Il m’est préférable de « sacrifier » cette petite poignée de journées plutôt que de me coller une boule d’angoisse pendant les semaines à venir, sans arriver à décrocher alors que j’en ai tout particulièrement besoin. Et voyons le bon côté de la chose : c’est un bout de code à finaliser. Au boulot, depuis de longs mois déjà, je touche tellement peu au code qu’il m’arrive parfois d’oublier que j’aime ça. Même si, dernièrement, je me suis aperçu que ça ne me faisait plus autant vibrer qu’avant.

Pour en revenir aux vacances, grande première cette année : depuis que j’ai signé pour ce job, je vais enfin disposer de 3 semaines d’affilée. Ô joie ! Ô bonheur ! Ô putain ! Gné ? Je m’égare, désolé. Elles ne seront pas de trop (pas les péripatéticiennes, hein, les semaines. Un peu de tenue, que Diable !). Je parlais d’usure dernièrement. À tourner ça dans tous les sens, c’est bel et bien le terme le plus adapté. Je pense donc être maintenant en mesure de m’inquiéter de cet état avec un peu de sérieux. Pour cette première semaine, aussi studieuse est-elle encore, le simple fait de lever la contrainte de la disponibilité représente un authentique soulagement. Ressenti clair et net, 5 sur 5. Pour la prochaine semaine, il est fort probable que je me transporte dans une contrée où les terrasses sont naturellement climatisées. Faire le plein de fraîcheur et d’amitié. C’est-y pas un bon petit programme ? Quant à la dernière semaine, elle servira à me préparer pour le retour au front. Ce sera d’ailleurs la phase fenêtre de tir pour mes histoires de mécanique.

#3. La lecture contre-attaque

La recette retenue au moment de l’écriture du précédent « Fragments » a fonctionné à merveille : dès les premiers jours d’avril, je me suis mis à engloutir du livre en veux-tu en voilà. Essentiellement des romans et des nouvelles, jusqu’à ces récentes semaines où je recommence à entrecouper avec quelques essais. J’ai versé dans la littérature étrangère exclusivement, hormis un Perec et un (mini) Céline. Américaine (et anglaise), principalement.

J’ai ainsi renoué (et me suis vautré dans la luxure) avec Bukowski. Ai recroisé Hemingway par le biais de ses nouvelles. Ai découvert (et sympathisé avec) Huxley dans sa période pré « Meilleur des mondes ». Ai fait la connaissance de John Fante. Me suis moqué de Jack Kerouac (« Bon sang, qu’est-ce que c’est insipide et surfait ! »). Ai enduré Burroughs (j’ai d’ailleurs abandonné la lecture du « Festin nu » après une bonne grosse moitié : malgré toute ma bonne volonté, je ne me suis jamais autant fait chier avec un bouquin. Ouais. Ça, c’est dit !). Me suis convaincu qu’il pouvait y avoir du bon dans Salinger mais, comment dire… « L’attrape-cœurs » aurait très bien pu s’intituler « Casse-bonbons ». Ai signé pour quelques Steinbeck supplémentaires. Et j’ai pris une claque inattendue par l’entremise de « La faim » de Hamsun. Mais ça ne compte pas : il était norvégien, na ! J’avais entamé un nouveau tête-à-tête avec Faulkner (des nouvelles, pour changer…) lorsqu’un outsider s’est invité dans la partie.

Pas un inconnu, loin de là. Juste un type qui fait généralement autre chose. On s’est croisés la première fois à Berlin. Enfin, sur écran. Je ne suis jamais allé à Berlin (mais ça viendra). C’était dans « Les ailes du désir ». Je découvrais Nick Cave, un bout de son univers et son énergie. Depuis, les liens n’ont fait que se renforcer. Mais je n’ai pas l’âme d’un véritable fan. Si bien que lorsque j’avais vu qu’il avait écrit un roman, je me suis tenu à l’écart, malgré les paroles de ses chansons. Mais allez savoir pourquoi, la semaine dernière, alors que j’étais à deux doigts de retourner en terrain connu du côté de chez William, j’ai décidé qu’il était temps de mettre le nez dans « Et l’âne vit l’ange ». Qu’est-ce que j’ai bien fait ! C’est sombre, lugubre, poisseux, le tout avec une petite pincée de démence. Et l’écriture, sans être révolutionnaire ou un exercice conceptuel, n’est pas des plus conventionnelles. Je compte même le laisser décanter un peu, puis le relire. Pour savoir si, passé l’effet de surprise, l’attrait reste intact. D’ici-là, j’ai déjà récupéré le suivant - « Mort de Bunny Munro » - qui, au premier coup d’œil, m’apparaît bien plus raisonné et ciselé.

Ah ! Au fait…
Stéphane (Stéphane avec qui, vraiment, il faudra que je boive un verre un jour, mais c’est une autre histoire), j’ai mis mon abonnement Netflix en sommeil. ;-)

#4. Anarchisme(s)

Au registre des incongruités, alors que j’avais programmé une reprise progressive des essais par mes voies habituelles (psycho-socio-trucologies), je me suis retrouvé dans la section politique-ou-presque. Fait d’autant plus surprenant que, la politique et moi, on ne se fréquente pas trop. On dira donc qu’une fois n’est pas coutume. J’ai toujours eu une idée plus que vague - et assez erronée - de ce que signifiait l’anarchisme. Mais je crois bien que c’est par le truchement de quelques billets de revendication prétendument anarchistes sur Indymedia que ma curiosité s’est attisée. Consterné par quelques cas qui relèvent, de mon point de vue, plus du trouble psychologique que de l’engagement idéologique, je me suis dit qu’à l’occasion, juste comme ça, j’irai gratter un peu plus le sujet idéologique. Et, non, je ne fais pas dans la provocation gratuite : casser et brûler comme vous l’avez fait, les gars, vous avez beau nous dégainer du discours révolutionnaire au lyrisme flamboyant (ah ah), ce n’est à mes yeux qu’une manifestation d’un profond malaise face au vide existentiel qui nous pend tous au nez. On peut en discuter calmement ensemble si vous le souhaitez. Pas besoin de venir avec vos barres à mine ou vos briquets. Je suis même prêt à fournir les bières.

Bref. Je me suis donc retrouvé un beau matin à lire un petit livre en guise d’introduction douce : « petit éloge de l’anarchisme » de James C. Scott. Et grand bien m’en a pris. Écrit simplement, évitant l’approche froidement théorique, une succession de « fragments » (tiens donc…) présente quelques arguments en faveur de la pensée anarchiste et dessine les grands traits communs aux différents courants qui la composent. On peut toujours opposer l’argument que l’auteur n’est pas neutre, pour un tel sujet, ce n’est justement pas ce que j’en attends. Question de rééquilibrer la balance. De plus, le propos n’est en rien un prêche ou un morceau de propagande. Agréablement surpris, donc, j’en suis également sorti encore plus curieux. J’ai donc poursuivi mes pérégrinations à l’aide de « L’ordre moins le pouvoir - Histoire et actualité de l’anarchisme » de Normand Baillargeon. Fini de frais, ce matin pour tout vous dire, ce (petit, encore) livre est très enrichissant. Nul besoin de passer par la case « petit éloge […] » pour l’aborder et je le recommande chaudement à qui prétend entretenir un minimum d’ouverture d’esprit. À un bémol près : si les frasques actuelles de notre gouvernement vous ont mis les nerfs en pelote, patientez un peu. Vous pourriez trop facilement vous laisser convaincre sinon. D’ailleurs, je tiens à ne pas remercier l’ami Normand : par sa « faute », j’ai eu la faiblesse d’inscrire quelques-uns des théoriciens de l’anarchisme dans la liste de mes prochaines lectures. Perdu. Je suis définitivement perdu pour une vie sociale conforme, je vous le dis.

Au passage, Franck (Franck avec qui, d’ailleurs, je vais boire un verre bientôt, mais c’est une autre histoire), il n’y est pas question de chaos. :-p

#5. Kamoulox, again

Oui. J’utilise bassement le lien vers le billet de Franck en guise de transition facile. Facile. Et même pas honte, en plus ! Juste un aparté. Un énième radotage au sujet de l’écriture, comme il en est très (trop ?) souvent question dans mes récents billets.

J’ai conscience que mon style d’écriture varie dans le temps. C’est en partie accidentel et influencé - lire les mots des autres me laisse des traces systématiques et il me faut un temps certain avant qu’elles ne s’estompent, car elles ne disparaissent jamais totalement -, et en partie recherché - une écriture plus simple, plus brute, naïve et familière (voire grossière ?) me permet de déclencher en mon intérieur des émotions ou des sentiments que j’atteins difficilement autrement. C’est un constat assez récent -. J’ai donc décidé de laisser les commandes à mes besoins, à mes envies et d’accepter d’étaler des écrits dont la qualité et les formes sont très variables et parfois discutables. La seule ambition derrière tout ça est de démêler un maximum les imbroglios qui traînent dans ma psyché. Dit autrement, écrire est pour moi un outil, un moyen et non une fin. Je me suis surpris à dire, comme ça, convaincu que ça sortait de nulle part, que je cherchais « ma petite musique ». Sauf que, dernièrement, je me suis aperçu qu’il s’agissait d’une expression de Céline. Bel exemple de cryptomnésie, n’est-ce pas ?

Écrire de manière plus réfléchie, plus soignée et soutenue, tend à me cantonner dans la froideur de la logique et de l’analyse. Domaines dans lesquels je peux tromper mon monde puisque m’y trouvant particulièrement à l’aise. Mais pratiques qui m’engluent, par leur relative facilité, dans un sérieux travers qui frôle parfois la pathologie : une réelle apathie. Je suis persuadé que pour en arriver à bout, en tout cas la modérer, retrouver des souvenirs enfouis dans ma mémoire affective sera une clé de premier choix. Or, c’est sans doute la part la plus défaillante de ma mémoire. Les romans et nouvelles lus à grosse dose, toutes ces semaines, ces quelques mois, m’ont permis d’identifier quelques astuces que je tente de m’approprier et de mettre en œuvre maladroitement. Mais je tente d’en passer par là pour mettre en place des boucles de rétroactions : générer des impulsions émotionnelles pour réveiller des souvenirs affectifs, qui pourraient à leur tour rétablir un accès naturel aux émotions et sentiments qui m’échappent ou me manquent souvent. Dès lors, ce blog est appelé à devenir (ou demeurer, qui pourrait être plus juste) un patchwork criard.

Mais en lisant ces lignes, ne venez surtout pas à croire que je m’en excuse : j’explique, simplement. Peut-être plus à moi-même, qu’à vous. Et ce n’est même pas la première fois. Je n’arrive encore pas à faire simple. Et pourtant…

Heureusement, il y a Stéphane (Stéphane avec qui, vraiment…) pour l’exprimer (très clairement) à ma place :

blog “for myself”, as I have decided that my place is my place (duh!) and if someone likes it, good; if they don’t, they just have to not read me.

#6. De la déconstruction du surmoi

Ouaip.
Non.
Je déconne !

Sans rancune ?