Ils sont arrivés cette nuit
Sur leurs chevaux bigarrés
Les cavaliers
Les volets se sont fermés
Les chiens n’ont pas aboyé
La Lune s’est voilée
Toute la ville s’est tue

Au matin rien n’avait changé
Ils n’avaient pas bougé
Les cavaliers
Les volets toujours clos
Les chiens rongeaient leurs os
Le temps suspendu à une potence
Balancé par de rares murmures

Leurs visages étaient sombres
Bien moins que leur dessein
Les cavaliers
Plus terne que le noir vibrant
Du visage de l’enfant
Aux boucles flamboyantes
Irradiées du soleil de midi

Doucement elle s’est approchée
Ses yeux couleur Terre les fixaient
Les cavaliers
Les volets s’étaient ouverts
Les chiens emboîtaient ses pas
La corde usée avait relâché le sablier
Au milieu du vent, on l’entendait chanter

Elle a avancé sa main pour caresser
Chacun des chevaux bigarrés et pelés
Tour à tour
Elle s’est éloignée ensuite
Pour leur faire face
Et embrasser de son regard profond
Les cavaliers
Et dans un rire innocent
Mais non sans malice
Elle leur a annoncé

Vous arrivez trop tard.