L’avantage d’un blog proclamé sans ligne éditoriale, c’est la grande liberté d’écriture que ça m’offre. L’inconvénient, c’est que ça peut vite tourner au capharnaüm. Justement, je me demande si ce n’est pas un peu le cas, ces dernières semaines. Au point de produire le pire des effets : me voilà en train de commettre un énième billet au sujet du blog lui-même. Je vais donc tâcher de faire court. Ce sujet étant, somme toute, assez pauvre et dénué d’un véritable intérêt, rien ne sert de trop s’y attarder.

J’ai déjà envisagé quelques aménagements pour ce lieu, dans un futur proche. Mais, en parfait accord avec moi-même et mes sales habitudes, j’ai déjà débordé de la deadline que je m’étais initialement fixée. Outre les aléas de la vie, comme on dit, je manque de temps, d’envie, et de pratique du code qui m’auraient été nécessaires à la bonne tenue du délai initial. Les manques d’envie et de pratique du code m’inquiètent un peu, tout de même. Je commence à avoir le sentiment qu’un chapitre se clôt sans que je ne l’ai souhaité ni - surtout - vu venir. Et ce serait un chapitre majeur, si ça se révélait exact. Pas de doute que cela me déstabiliserait. À voir. À surveiller. Quoi qu’il en soit, plus que jamais, je trouve que le code n’a rien à voir avec la poésie. Faut arrêter les conneries. Si je considère toujours le code comme une nécessité - et non une obligation, entendons-nous bien -, je n’éprouve plus aucun plaisir à l’écrire. J’en suis moi-même un peu stupéfait, persuadé que j’étais que cela faisait partie de mon ADN. Eh bien non, finalement. Ou alors il y a une dangereuse mutation en cours. Mais revenons à nos moutons du jour : ce bon gros troupeau de textes bigarrés.

Aujourd’hui se côtoient des semblants de réflexion (de plus en plus rares), des remontées de souvenirs et des traces d’introspection (assez régulièrement) et des échappées belles sans queue ni tête (de plus en plus envahissantes). Bref, ça devient le bordel. Cependant, je ne renie aucune de ces formes d’écriture. À elles trois, elles constituent mon plus fidèle portrait au travers des mots. C’est mon avis, vous en ferez donc ce que vous voudrez. En tout cas, c’est une surprise pour moi. Parfois dérangeante mais jamais désagréable. Seulement, les échappées belles ne sont pas vraiment sous contrôle. Et ne devraient pas l’être. Mon petit doigt me dit qu’elles n’ont pas fini d’évoluer, non plus. Sans que je ne sache quelles en seront leurs formes futures. Or, à l’heure où j’écris ces lignes, je ne suis pas persuadé d’avoir le cran de les assumer toutes en page d’accueil. Malgré la visibilité restreinte de ce site et les visiteurs que je soupçonne d’être principalement des proches ou des connaissances de longue date. Alors, pendant quelques semaines, je me suis interrogé sur la possibilité d’ouvrir une nouvelle section, un peu à l’écart. Histoire de séparer les torchons des serviettes. Mais voilà : mes critères de sélection entre « torchon » et « serviette » sont fluctuants.

Au-delà de ce point de détail, cela voudrait aussi dire que j’ai un peu honte des écrits que je mettrais à l’écart de la sorte. Sauf que non, non, et non. Je ne renie aucun des récents textes, quels qu’en soient leur (manque de) qualité, leur (manque de) tenue et leur (manque d’) intérêt pour autrui. Si bien qu’après mûre réflexion, j’en ai tiré la conclusion qu’effectuer un tel tri en amont de la publication reviendrait une fois de plus à cloisonner ce qui ne devrait pas l’être. Morceler ma personnalité. Chercher à ne pas décevoir, à défaut de plaire. Paraître plutôt qu’être. Maintenir à l’écart une part de sincérité. Allons bon ! Devinez quoi ? Il est désormais trop tard pour cela. Ce serait comme rebrousser chemin. Supposer puis admettre que je me suis trompé. Mais plus le temps passe, plus j’avance sur ce sentier tortueux, plus je suis persuadé d’avoir pris la direction que je me devais de prendre.

C’est juste que ça me fiche encore un peu la trouille, par moments.
Peur du faux pas qui pourrait me foutre en bas, tout au fond, dans la grosse caillasse qui fait mal.
Les foies de poursuivre sans savoir où cela me mènera exactement.

Où sont les petites roulettes ?
Le harnais ?
La bouée ?
Une corde, au moins ?
Même pas ?

Avec des milliers d’aiguilles dans la nuque, une petite sueur froide et les mains moites, j’ai donc procédé à un vote.

Au grand référendum « Faut-il laisser faire le chaos ? », j’ai finalement répondu « oui ».
À l’unanimité avec moi-même.
Plus une voix.