#1. Appelez moi Edward

À quelques rarissimes poches d’air près, ce mois de mars m’aura semblé n’être qu’une semaine de travail sans fin. Occupé, débordé, tendu, parfois perdu. La météo n’invitant guère aux escapades, j’ai senti le risque de me recroqueviller plus menaçant que jamais au cours de ces derniers mois. Un malaise qui s’installe. Une douleur qui traverse la poitrine. Un ras-le-bol qui prépare le lit à cette folie que je m’évertue à repousser.

J’ai finalement réussi à activer le pilote automatique. À laisser faire la mécanique. Aucune place pour la procrastination. Aucune place pour les doutes. Aucune place pour les sentiments. Aucune place pour autre chose que les tâches professionnelles à accomplir. Comment aller autant à l’encontre de ma nature peut-il également m’en protéger à ce point ? Drôle de constat. Drôle d’idée. Je prendrai vraisemblablement le temps d’y réfléchir. Plus tard. Au soleil. Mais pas tout de suite. Au final, mission accomplie. Travail réalisé avec application, soutenu avec aisance en guise d’apothéose perverse, le temps d’un aller-retour à Caen.

Étouffer pour une journée l’introverti pour lui substituer un orateur grandiloquent.
Laisser la place à ce fanfaron de Mr Hyde pour sauver la peau de cet insignifiant Dr Jekyll.
Une énième compromission dont il me faudra payer le prix.
Tôt ou tard.

#2. Pensée positive appliquée

Bien qu’il soit désormais mon langage de prédilection depuis quelques années, je n’ai toujours pas atteint en Python le niveau que j’ai pu avoir dans d’autres langages pratiqués auparavant. Régulièrement, je m’en désole. Entre le cerveau qui subit les affres du vieillissement et (surtout) le peu de temps que je suis en mesure de consacrer actuellement au développement, je stagne lamentablement au ras des pâquerettes. Parfois apte à me flageller à grands coups d’orties fraîches à ce sujet, je révise un peu ma position en ce moment.

De fait, je m’apprête à migrer ce blog sur les nouvelles versions de Wagtail et de Django, ce qui implique un passage de Python 2.7 (que j’utilise toujours exclusivement) à Python 3.x. J’ai donc dû procéder à une revue de code et quelques aménagements dans les morceaux spécifiques que j’ai écrits en guise de ciment lors de la construction de ce lieu. Au final, peu de modifications à apporter, relativement simples qui plus est. Ce ne sera donc pas la galère que je craignais au départ.

Un grand merci pour cela à ma médiocrité, qui a si bien su limiter mes velléités d’expérimentations extravagantes ou d’implémentation ambitieuse.

#3. Ses mots

Quelque part avant la sortie de l’hiver précédent, j’ai croisé la route d’un « Être Lumière ». S’est alors installée, pendant un temps, une correspondance par e-mail. Des échanges riches et sans fard. Sans attentes utopiques, sans promesses d’un quelconque lendemain, sans plans sur la comète. Juste l’occasion de mettre en mots des maux, des sentiments et leur absence, des questions, des doutes, des bribes de réponses ou des semblants de démarches. De discuter de tout cela à bâtons rompus lorsque l’occasion se présente, de continuer normalement sa vie sinon.

À la sortie de cet hiver, au moment où j’incrémentais mon compteur d’années, une petite enveloppe s’était glissée dans ma boîte à lettres grenobloise, au milieu des factures et des magazines. Une enveloppe toute simple. Contenant quelques feuillets tirés d’un bloc tout simple. Une écriture manuscrite familière sans véritablement l’être. La déstabilisante et touchante surprise d’une attention inattendue.

Le grand bonheur d’un petit plaisir épistolaire.
Lire sur papier, écrits de sa main, ses mots.

#4. Reprendre la lecture

Avec ces histoires de grosses charges au boulot, j’ai décroché de mes lectures depuis plusieurs semaines. Neurones en saturation. Il m’était devenu difficile d’assimiler convenablement les livres qui me passaient entre les mains. Plutôt que de gaspiller, j’ai donc préféré reporter, remisant ces précieux bouquins pour plus tard. C’est donc à grand renfort de « binge-watching » Netflix que j’ai achevé mon autolobotomie. Abrutissement réussi à merveille, je dois bien le reconnaître. Tellement réussi qu’il m’a semblé pénible de chercher à m’en sortir ce week-end. La preuve, s’il m’en fallait encore une, que de pas très malin à totalement idiot, il n’y a souvent qu’un clic. En tout cas lorsqu’il s’agit de ma pomme.

Avec le temps, j’ai bien compris qu’il m’était préférable de reprendre cette activité en douceur. Je me suis donc convaincu d’éviter du regard la pile que je m’étais constituée, composée d’essais qui me feraient asphyxier plus vite que n’apparaîtrait la chance du second souffle. Direction l’étagère « nouvelles et romans en attente ». Évitons le claquage, attaquons léger. Bien content d’avoir refait le plein de munitions dans cette rubrique-là, j’ai vite trouvé de quoi me mettre sous la dent. J’entame donc tranquillement ma rééducation sous les auspices de ce vieux pochard de Hank. Ça fait bien trop longtemps que nous n’avons passé du temps ensemble.

#5. Encore ?!

Si j’en crois mon tableau de bord, je suis en bonne voie pour commettre mon quatrième billet « Fragments ». Il semblerait même que la fréquence à laquelle ces derniers apparaissent s’accélère. Il s’agit peut-être bien d’un signe. D’un de ceux qui voudraient me dire qu’il est temps que je m’active sur la refonte de ce site et que j’y intègre un autre point d’entrée. Un flux plus tendu, plus brut, plus fourre-tout, que le celui actuel des billets moyen/long format. En gros, faire une petite place pour donner sa chance à l’idée initiale, mais vite mise au rebut, que j’avais en tête quelques mois avant de couper le ruban d’inauguration.

Je ne me sens ni l’envie, ni le courage d’écrire un billet au quotidien. Par contre, cela me permettrait de diffuser des liens qui retiennent mon attention, avec un bête commentaire si besoin, sans avoir à étoffer plus que cela un sujet. Ça me permettrait également de lâcher quelques bouts d’écrits qui n’arrivent pas toujours à la maturation nécessaire pour un billet digne de ce nom, voire qui n’ont jamais été destinés à cela. Joueur, j’irais bien jusqu’à faire quelque chose d’assez mécanique. Une nouvelle entrée journalière, systématique, programmée. Quitte à présenter une page vide. Une autre manière de me confronter à cet aspect de mon quotidien.

L’idée d’un compte à rebours m’aurait bien plu, également. Mais il y a des échéances dont, jusqu’à preuve du contraire ou volonté d’en finir, on ne peut pas connaître la date. Bref. Tout cela n’a pas fini de prendre forme dans mon esprit. Ce qui repousse d’autant l’arrivée hypothétique d’un tel fil sur le serveur. C’est évident. Comme toujours, du « Soon », du « Vaporware ». Même avec toute la bonne volonté du monde, il n’est pas aisé de se racheter une conduite. Il est presque couru d’avance qu’un cinquième « Fragments » viendra trôner en page d’accueil, l’un de ces jours, bon gré, mal gré.

En fin de compte, comme bien souvent…
OSEF.