Ma réticence envers les différents réseaux sociaux en ligne ne cesse de croître. En cours d’année, afin d’accorder un peu plus mes actes à mes propos, j’ai fermé les quelques comptes que j’avais encore sur Pinterest et autres réseaux de niche (tels que Ello, par exemple). J’hésite régulièrement à passer Twitter et LinkedIn à la trappe mais, pour ces derniers, je n’ai toujours pas franchi le pas. Je conserve, pour l’instant, un attachement particulier à Twitter. Question de fun et de liens avec quelques personnes que j’apprécie mais avec lesquelles je n’ai pas encore établi de relations par d’autres moyens. Quant à LinkedIn, s’il me sort par les yeux, un compte m’y est encore nécessaire dans le cadre de mon emploi actuel. Je me suis donc contenté de tailler dans le profil que j’y affiche, attendant le jour béni où je pourrai enfin m’en débarrasser.

Dans l’immédiat, la prochaine étape sera de « désocialiser » l’habillage de ce site. Dans les faits, il ne s’agira que de détails bêtes : enlever les liens de partage à destination des réseaux sociaux sur l’ensemble des pages et déporter les liens de suivi dans la seule et unique page d’à-propos. J’admets que c’est bien ridicule. Mais c’est pour un moi une façon simple de ne pas inciter à l’utilisation des réseaux sociaux. Cela ne veut pas dire que je refuse qu’une de mes pages soit partagée, diffusée sur Twitter ou Facebook. Simplement que je veux m’assurer de la sorte que ce partage a bien été fait délibérément et non machinalement. La séquence “Copier l’URL de la page, basculer vers l’onglet / l’application de son compte social pour y coller l’adresse et ensuite publier” demande plus d’effort qu’un clic mécanique sur un bouton de partage. D’où l’interrogation inconsciente de savoir si ce partage en vaut vraiment la peine.

À mes yeux, cette seule question peut changer beaucoup de choses. Pour cette raison, je n’ai personnellement jamais recours aux boutons de partage, quel que soit le site que je visite et quel que soit l’appareil que j’utilise à ce moment-là. Cela me permet de prêter attention à mon intention. Par là même, cela renforce l’attention que je porte au contenu que je m’apprête à partager de la sorte, souvent sur la forme d’une seconde consultation. Avec le recul, j’y vois également une part de respect. Pour l’auteur de la ressource, en premier lieu, mais également pour les quelques abonnés à mon activité sociale auxquels ce petit instant d’évaluation supplémentaire peut parfois épargner du bruit inutile. J’avoue ne pas prendre ce recul lorsque tout cela se passe directement au sein de Twitter, comme emporté par la frénésie du flux. C’est fort dommage (et dommageable ?). Il va falloir que je me corrige.

Pour en revenir à cette « désocialisation » à venir, je compte néanmoins continuer à insérer du balisage TwitterCard et Open Graph dans les pages produites. N’est-ce pas paradoxal avec la volonté de ne pas faciliter le partage sur les réseaux sociaux ? Non, je ne pense pas. Comme je le disais plus haut, ma démarche consiste en ne pas inciter les partages, non à les empêcher. Chacun est libre de son choix (et devrait en être responsable mais, ça, c’est vraiment une autre histoire…). Le balisage Open Graph, par exemple, ne fait que permettre un minimum de « contrôle » sur la représentation de mon contenu dans un contexte où je n’ai aucune emprise ni présence, laissant alors l’impression (vraisemblablement fausse) de ne pas être entièrement dépossédé, impuissant.

De plus, ce type de balisage peut très bien être exploité en dehors des silos qui ont pignon sur rue. Curieux de voir quels en sont les détournements possibles, je préfère donc continuer à l’embarquer. Et puis, vous aurez peut-être deviné, en filigrane, que ce n’est pas tant les usages sociaux que je veux restreindre que l’importance que nous avons concédée à ces services fermés, avides de nos contenus et de notre attention que sont les plateformes sociales majeures. Contre toute attente, je constate qu’il me reste un fond d’espoir de voir l’avènement d’un web social, ouvert, responsable, et éthique. Du moins, cette éventualité existe toujours. Pour cette raison, je souhaite résister. Quitte à réveiller un Don Quichotte qui sommeillerait en moi.

Extrait d'une fresque de Héol, sur l'un des murs de l'usine de concassage de galets de Tréguennec.
Oui, la baie d'Audierne présente de nombreux atouts...