Comme beaucoup, lorsque je ne me concentre plus, mon esprit divague. Il se remplit de pensées, toutes plus fugaces les unes que les autres, toutes plus rapides et tourbillonnantes. Beaucoup de pensées. Trop de pensées. Surtout trop de pensées différentes et opposées. J’aime les paradoxes. J’adore les dualités. Je suis gâté : tout ce beau monde me le rend bien et fort. Il m’inonde. Il me submerge.

Il a surtout un impact direct sur mes sentiments et mes humeurs. Au final, je vis une sorte de bipolarité à très haute fréquence. C’est mon quotidien. Vous conviendrez qu’il s’agit d’un état intérieur qui ne peut pas avoir sa place à l’extérieur. Ce serait tout simplement invivable pour tout le monde. Comme j’en ai conscience, par habitude, je tâche de lisser ces oscillations frénétiques dans un état présentant une apparence constante et modérée. Pour le bien de tout le monde. Et pour le mien, également. Mais ça m’épuise.

Régulièrement, je m’en inquiète. Non parce que c’est nouveau mais plutôt parce que ça dure. Ça me semble avoir été toujours là et ça ne se calme pas. Plus jeune, je répétais à mes intimes que je ne vivrais pas vieux, ou alors que je finirais fou. Mais avec le nombre d’années que j’ai désormais au compteur, il me semble plus que temps de commencer à me questionner sur ma santé mentale. Malgré tous ces grésillements et cette agitation, je ne me sens pas dément pour autant. Je garde juste la main proche du disjoncteur.

J’ai développé des contre-mesures, ces récentes années. Un petit arsenal que j’entretiens et complète jour après jour. La photographie me calme, par exemple. Sans effort, ces moments sont placés sous le signe de la contemplation et de l’éveil. Je me rends compte, ces dernières semaines, que la lecture à grosse dose m’aide également. Tout comme l’introspection et l’écriture. Cela permet à cette machine infernale, logée au grenier, de rester concentrée. Et un second effet inattendu mais bienvenu est apparu. Maintenant, lorsqu’il y a relâche, ma cervelle rumine moins, elle réfléchit plus.

Ces petites choses me font un bien fou. Elles m’apaisent comme jamais. C’est loin d’être parfait. C’est loin d’être complet. Je le sais. Je le ressens et le subis encore souvent. En ce moment, je pense avoir trouvé de quoi ordonner le reste. Je n’ai pas grand-chose à perdre et ce sera, quoi qu’il advienne, une expérience intéressante et enrichissante. Cela va me demander un peu de discipline, un peu d’organisation, mais l’idée me plaît.

Oser la méditation.