Je crois que j’aime bien les samedis.

Pas toujours. Mais généralement.

Ils représentent comme un phase de décélération progressive. Encore un peu empreint du stress de la semaine écoulée, je lève entièrement le pied et laisse l’inertie ralentir tout ce beau monde qui se bouscule dans ma tête ou dans mon emploi du temps. J’alterne le en-ligne/hors-ligne en fonction de mon envie et de ma forme de l’instant. Et bien que sachant ne disposer que d’un temps relativement limité, samedi après samedi, j’apprends à en prendre pleinement conscience et à savourer cet état.

Un peu de temps pour rêver.
Un peu de temps pour se concentrer.
Un peu de temps pour créer.

Pour découvrir/redécouvrir.
Pour lire/relire.
Pour appréhender/approfondir.
Pour enfin savourer ce qui le mérite et aurait été gâché à n’être que survolé.

Forcément, les obsessions du moment ne me quittent pas, pas même le week-end. Mais c’est l’occasion de leur donner corps différemment et de “sourcer” ce qui les alimente…

À lire ailleurs

Par exemple, si je m’emballe un peu ces derniers temps au sujet d’une plateforme de publication personnelle qui serait un nœud d’un Web social, je conserve la conviction que cela devrait être une évolution des moteurs de blog avant toute chose. Et je dis bien moteur de blog, je ne parle pas de micro-blogging. Simple question de format, de longueur et, indirectement et bien plus important, de fond et de démarche.

(…) I was confronted by a brave new world. Facebook and Twitter had replaced blogging and had made the Internet like TV: centralized and image-centered, with content embedded in pictures, without links.

Like TV it now increasingly entertains us, and even more so than television it amplifies our existing beliefs and habits. It makes us feel more than think, and it comforts more than challenges. The result is a deeply fragmented society, driven by emotions, and radicalized by lack of contact and challenge from outside. (…)

Hossein Derakhshan - MIT Technoloy Review - “Social Media Is Killing Discourse Because It’s Too Much Like TV

Cet extrait, s’il me semble un bon résumé de l’article, n’en est pas le meilleur morceau. Loin de là. J’ai enregistré ce texte dans mes articles hors ligne depuis sa date de diffusion. C’est sans doute la troisième fois que je reviens dessus et comme je trouve toujours qu’il sonne tellement juste, et au cas où vous l’auriez loupé, je ne pouvais plus rester sans le citer ni le lier.

Toujours au sujet de nos chers réseaux sociaux, un article lu sur papier cette fois. Oui, j’ai conservé un abonnement papier à cette bonne vieille revue Wired

Social networks have been exposed. No one can pretend that they are simply neutral platforms—mere tubes and pathways, like phone lines, that allow us to share snippets of our lives. That fiction was laid bare on November 8.

Over the next year the mainstream culture will grapple, for real, with the civic and political effects of our lives online. Plenty of intellectuals, with eyebrows cocked, have warned that this reckoning was coming. But it took the US election—and the ascent of Donald Trump, the insult-hurling, falsehood-circulating tweeter-in-chief—to shine a blinding arc light onto the role of technology on the political stage.

Clive Thompson - Wired - “Social Networks Must Face Up to Their Political Impact

Ce même Clive Thompson signe également un billet sur les bienfaits de l’ennui : “How Being Bored Out of Your Mind Makes You More Creative“. Par contre, je vais vous y renvoyer indirectement par le biais d’InternetActu. D’abord parce que c’est l’occasion de disposer d’un bon résumé en français, ensuite par que Rémi Sussan a fait l’effort de rechercher les sources potentielles, manquantes dans l’article original. Une belle illustration du Web comme je l’aime.

L’ennui accroît la créativité, nous informe Clive Thompson dans Wired, qui cite deux études « récentes » (sans donner de liens) qui confirment l’intérêt de cet état mental mal aimé.

La première étude (menée par Sandi Mann, également auteure du livre La science de l’ennui ) a consisté à faire exécuter par les sujets un travail très ennuyeux (copier les entrées d’un annuaire téléphonique), puis ensuite à leur faire accomplir une tâche « créative », comme trouver tous les usages possibles d’une paire de tasses. Les sujets venant d’accomplir la tâche fastidieuse ont été plus efficaces dans ce domaine que le groupe de contrôle. La seconde recherche était basée sur les mêmes principes. Les sujets devaient tout d’abord contempler un certain temps un économiseur d’écran sans intérêt, puis ensuite se livrer à un test d’association d’idées. Là aussi, ceux qui étaient passés par une phase d’ennui se sont montrés plus créatifs que ceux du groupe de contrôle.

Rémi Sussan - internetactu.net - “Les bienfaits de l’ennui

Pendant que vous serez du côté d’InternetActu, je vous invite à prendre le temps de lire ou de relire un énième article riche et intéressant signé Hubert Guillaud. Et je compte également sur vous pour suivre les liens mentionnés.

Si les compulsions peuvent-être sévères et débilitantes, elles prennent le plus souvent des formes douces. Elles altèrent nos pensées et comportements parfois de façon profonde, sans pour autant nous rendre dysfonctionnels en société. En tempérant notre anxiété, elles protègent nos fonctionnalités sociales. En fait, estime Sharon Begley, si nous vivons dans un âge d’anxiété, il n’est alors pas surprenant que ce soit également un âge compulsif. La principale compulsion à laquelle nous nous soumettons tous et de plus en plus c’est bien sûr la vérification incessante de nos téléphones… La peur de manquer quelque chose nous remplit d’anxiété. Et le téléphone, avec ses mises à jour perpétuelles, ses messages incessants, génère l’anxiété qui nous anime. « C’est une machine presque parfaitement conçue pour transformer son propriétaire en personne compulsive ». Pour Nicholas Carr : le smartphone est le parfait bien de consommation de l’âge de l’anxiété.

Hubert Guillaud - internetactu.net - “Addiction et compulsion, les deux piliers de l’attention

Quoi ?!
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Tsss…