Today robotics and artificial intelligence call for another education revolution. This time, however, working lives are so lengthy and so fast-changing that simply cramming more schooling in at the start is not enough. People must also be able to acquire new skills throughout their careers.

Unfortunately (…) the lifelong learning that exists today mainly benefits high achievers—and is therefore more likely to exacerbate inequality than diminish it. If 21st-century economies are not to create a massive underclass, policymakers urgently need to work out how to help all their citizens learn while they earn. So far, their ambition has fallen pitifully short.

The Economist - “Equipping people to stay ahead of technological change”

J’éprouve souvent une profonde amertume lorsque je me remémore - ou que j’entends témoigner de - ce qu’est l’enseignement en France.

Je précise tout de suite que je ne pointe pas du doigt l’enseignement français. Ni je ne crache dans la soupe, ni je conchie le drapeau ou la république. Que les plus nationalistes d’entre vous se calment. Si je n’évoque que le seul chapitre français, la raison tient au fait qu’il est le seul que je connaisse pour l’avoir vécu. Or, à en lire l’éditorial de cette semaine dans The Economist, il semble que le sujet est bien plus généralisé et, en tout cas, dépasse nos seules frontières.

Je ne peux m’empêcher de penser que nous sommes enfermés dans un système qui cherche à nous enseigner des connaissances, d’une façon qu’il soit aisé de mesurer et de sanctionner par une note ou une appréciation. J’insiste sur l’aspect “connaissances” par contraste à “compétences” et “démarches”. J’avance également qu’il y a un intérêt avant tout porté plus sur la quantité que sur la qualité enseignées. J’entends par là que notre éducation, telle qu’elle est dispensée depuis plusieurs dizaines d’années, mise sur l’assimilation directe sans trop se préoccuper de l’ouverture, de la curiosité ou de la découverte.

Il s’agit là d’un choix pédagogique dont j’ai souffert. D’une orientation qui m’a poussé à en prendre une toute autre, plus personnelle mais également plus risquée compte tenu des us et coutumes de notre société et de son marché de l’emploi. J’ai donc appris seul à entretenir ma curiosité, une certaine démarche d’identification et d’apprentissage de nouveaux sujets, de nouvelles connaissances. J’ai choisi d’apprendre seul à me construire et plus j’avançais, plus je prenais la mesure de l’inadéquation des bases que l’on m’avait inculquées. Pour résumer, seul, j’ai appris à aimer apprendre.

Si j’estime ne pas m’en être trop mal sorti, il n’en demeure pas moins cette amertume que j’évoquais en début de tirade. Une amertume qui prend corps sous la forme d’une seule question : n’aurais-je pas pu progresser plus vite, plus efficacement et plus intelligemment si notre système m’avait enseigné comment apprendre ?