Je me rappelle vaguement de mes années de lycée et je me demande ce qu’il m’arrive depuis ces dernières années. À l’époque, je n’étais pas un grand fan de lecture, exception faite des magazines et livres techniques (oui, déjà). Je n’écrivais que par obligation et n’en éprouvais donc aucun plaisir. Et si je ne maltraitais pas trop le français, je ne lui portais guère plus d’attention que ce qui me semblait être le minimum syndical.

The second way that adult language learning increases tolerance is related to the comfort level of a person when dealing with “tolerance of ambiguity.”

Someone with a high tolerance of ambiguity finds unfamiliar situations exciting, rather than frightening. My research on motivation, anxiety and beliefs indicates that language learning improves people’s tolerance of ambiguity, especially when more than one foreign language is involved.

It’s not difficult to see why this may be so. Conversations in a foreign language will inevitably involve unknown words. It wouldn’t be a successful conversation if one of the speakers constantly stopped to say, “Hang on – I don’t know that word. Let me look it up in the dictionary.” Those with a high tolerance of ambiguity would feel comfortable maintaining the conversation despite the unfamiliar words involved.

Applied linguists Jean-Marc Dewaele and Li Wei also study tolerance of ambiguity and have indicated that those with experience learning more than one foreign language in an instructed setting have more tolerance of ambiguity.

 World.edu - « How learning a new language improves tolerance »

L’anglais ne m’intéressait pas plus. Là encore, tout n’était qu’une question d’utilité, voire de mal nécessaire. Nécessaire pour lire ces fameux livres techniques que je commençais à empiler. Utile pour me faire une idée de ce qui se cachait derrière les paroles des chansons que j’écoutais. Mais je doutais qu’un jour cette langue prenne une quelconque place significative dans mon quotidien.

Aux oreilles d’un Allemand, les Français sont des gens qui parlent tous en même temps. Mais s’ils peuvent se permettre de s’interrompre, c’est parce qu’ils évoluent dans une structure syntaxique où l’essentiel est posé d’emblée et l’accessoire suit. Ainsi, le «gazouillis» des salons français vanté par Madame de Staël consiste à emboîter le pas à celui qui parle comme on relance un ballon, à faire circuler la parole dans un esprit de connivence.

Heinz Wismann, interviewé dans Le Temps « Et voilà pourquoi l’allemand met le verbe à la fin »

Oserai-je seulement évoquer l’allemand ? Les restes de 6 années d’apprentissage sont si éparses et ridicules que je doute parfois avoir réellement suivi ces cours. Tout juste puis-je encore employer quelques formules de politesse, exprimer ma faim et ma soif, jusqu’à ma volonté de boire des bières. Au-delà, c’est le néant.

Pourtant, malgré cet apparent désintérêt pour l’univers littéraire et linguistique, j’en suis arrivé au point où l’envie de redécouvrir et d’apprendre correctement ma langue natale me fait lorgner des objets tels que le dictionnaire historique de la langue française ou la série des Grevisse et « Le Bon usage ». De même, au lieu d’accumuler les jeux gratuits (ou payants), comme bon nombre de mes comparses, ce sont plutôt les dictionnaires qui finissent d’envahir mon smartphone.

Comme je ne peux prétendre à l’étiquette d’intellectuel, je m’interroge sur l’origine de ce besoin naissant. Serait-ce, plus ou moins directement, lié à mon parcours professionnel et son activité principale : le développement logiciel ? Est-ce que le code et la multiplication des langages de programmation pourraient en être à l’origine ? Qu’il s’agisse du langage C, de Perl, de PHP, Java ou Python, finalement, tout cela n’est qu’un ensemble de règles de syntaxe, du vocabulaire et de la grammaire. Ou alors, cette idée n’est qu’une vue déformée et biaisée de l’esprit.

Et dans ce cas ?
Mon regain d’intérêt pour la langue ?
Voudrait-il donc simplement dire que…

Je suis vieux ?