Faire figurer les données biométriques des personnes dans la base centrale est donc techniquement inutile, et rend possible un détournement majeur de finalité. En effet, c’est sur la base qu’une précédente version du FNG permettait l’identification des personnes que ce projet avait été censuré par le Conseil constitutionnel.

En premier lieu, alors que le ministère de l’intérieur prétend que seule l’authentification est mise en œuvre au sein de ce traitement, il fait par ailleurs mention que les services de renseignement pourront avoir accès à la base, et qu’elle pourrait également faire l’objet de réquisitions judiciaires. Comme on l’a vu avec l’exemple du détournement de finalité de la base d’empreintes génétiques, rien ne dit que, sous le coup de l’émotion liée à une affaire particulièrement grave, l’identification ne soit pas ajoutée, par un autre décret, aux finalités du dispositif.

En second lieu, il convient, face à ces enjeux, de se placer dans le temps long. Nul ne sait quel changement de régime pourrait avoir lieu d’ici trente ans. Alors, de quel outil magnifique disposerait ce régime pour rafler les personnes qui lui déplaisent ! Il suffirait d’un simple ordiphone aux hommes en ciré noir, pour prendre en photo les personnes circulant sur la voie publique, leur faire apposer leur doigt sur le lecteur, et savoir dans la seconde si la personne appartient à la liste noire ou pas. De même pour identifier, par leurs empreintes, toutes les personnes présentes dans un lieu identifié comme une salle de réunion subversive. Sincèrement, vous voulez vraiment prendre ce risque ?

La biométrie des honnêtes gens”

Voici un article à lire et relire.

Si vous en doutiez encore, il est temps pour l’ensemble des citoyens français de devenir paranoïaques…