Tiens, c’est une bonne question, qui vient remplacer la précédente. Est-ce qu’au delà du matériel que j’utilise (boîtier reflex et objectif à focale fixe) mes photos sont-elles reconnaissables, parce qu’elles auraient une patte, un je-ne-sais-quoi ou bien sont-elles communes, que ce soit au sens péjoratif du terme ou pas d’ailleurs. J’ai bien sûr ma petite idée sur la réponse, à ranger dans la case « artiste imposteur » évidemment. J’en connais un ou deux qui seront raccord avec ma façon de voir ça.

Franck Paul - “La colonie”

Ah mon ami, quelle question cruelle poses-tu là !

Combien de fois me suis-je demandé s’il était bien raisonnable de mettre en avant mes photos. Combien de fois me suis-je interrogé sur comment mettre une définition sur ce nouveau hobby, que j’ai attrapé tel un virus. Pour ma part, je n’ai aucune technique. Comme toi, la diversité de mes sujets semble tellement hétéroclite qu’à elle seule elle me prive d’une simple case à cocher, d’une étiquette évidente sur une pochette ou d’une boite à classer.

Depuis 6 ans, maintenant, je ne peux m’empêcher de penser, prendre et poser des clichés. À chaque fois, pourtant, je ressens ce syndrome de l’imposteur, une légère honte de paraitre si présomptueux en publiant et ce malaise à ajouter “photographe” quelque part dans une bio. Je ne suis pas certain que ces doutes me quittent un jour. Mais je ne suis pas certain non plus de vouloir qu’ils le fassent. Cela voudrait dire que la relation intime serait en train de disparaitre. Peut-être.

Mais au fait, cette fameuse patte, dont tu parles… comment la définirais-tu ? Quelles en seraient les caractéristiques ? Penses-tu qu’elle serait réellement visible et retranscrite formellement par l’image ? Si ta patte était ta personnalité, tes sentiments qui venaient en surimpression indicible, penses-tu que quiconque pourrait la percevoir ? D’ailleurs, le souhaiterais-tu ? Vraiment ? Et si ta patte tenait dans les sentiments et les souvenirs que tu préserves dans tes clichés ? Que ceux-ci ne se révèleraient avant tout qu’à ceux qui ont pu partagé ces moments ou les imaginer ? Cela te suffirait-il ?

J’ose l’espérer. Et je te le souhaite.

Pour ma part, je vais retourner à la froideur de mes trucs moches.
Histoire de voir si je me trouve.
Ce sera déjà un grand pas.