On peut se considérer comme asocial et trainer sur les réseaux sociaux. Si cela peut sembler contre nature, ça n’en reste pas moins compatible. Il peut même s’agir d’une aubaine lorsque l’on est mal à l’aise et maladroit sur l’aspect relationnel.

Mon utilisation de LinkedIn s’articule principalement autour d’une démarche professionnelle. Par nature, je ne suis pas un véritable “réseauteur”. Au contraire, j’ai une fâcheuse tendance à ne pas laisser de traces alors que la logique serait de tisser des liens. Sans doute parce que le concept de “faire carrière” m’est totalement étranger. Néanmoins, les opportunités qu’offre un réseau professionnel sont précieuses en termes de développement commercial, de veille et d’intérêt personnel.

De fait, je ne lance pas des invitations à tout vent. Hormis mes amis et relations professionnelles directes et de longue date, je segmente autant que faire ce peut mes différents contacts. Je prends systématiquement le temps de consulter le profil d’une personne avant de cliquer sur le fameux bouton “Se connecter”, ou non. D’abord pour prendre connaissance de son parcours, ensuite pour me faire une idée son usage de cet outil et enfin pour déterminer si cette personne correspond bien à l’une de mes 3 grandes catégories de contacts recherchés.

La première catégorie regroupe des contacts intéressants pour l’entreprise qui m’emploie en vue d’un développement commercial. Qu’il s’agisse de la mise en place d’une action commerciale ciblée ou d’une étude des comportements et besoins en vue d’acquérir une première feuille de route dans la mise en place d’un nouveau produit ou d’un nouveau service. Je trouve plus riche d’enseignements les interventions de nos clients types que les seuls analyses dans les médias spécialisés. Dans ce groupe, vous y trouverez des trésoriers, des comptables, des contrôleurs de gestion et autres directeurs financiers. Dans le fond, il s’agit pour moi d’assurer une veille des marchés et des tendances et d’apprendre à en tirer soit directement des opportunités d’affaires, soit matière à étudier le développement éventuel de nouveaux modèles.

La seconde catégorie recueille des profils plus variés : relations presse et/ou publiques, journalistes et rédacteurs, métiers de la communication et du marketing, chercheurs et universitaires, recherche et développement ainsi que, de plus en plus, ces nouveaux métiers qui se veulent du “Digital”. Mon intérêt y est bien plus personnel puisque, au delà de ma fonction première d‘“informaticien”, j’ai toujours eu une attirance pour cette zone floue où plusieurs disciplines se croisent et se recoupent dans le but parfois inavoué de découvrir quelque chose d’entièrement nouveau et majeur mais représentant indiscutablement un véritable bouillon de culture dans lequel l’innovation peut trouver l’une de ses sources. Sans surprise, cette catégorie est celle qui alimente le plus ma veille technologique et tendancielle. Un peu comme le premier pas dans une démarche de prospective.

La troisième et dernière catégorie, enfin, est celle de mes pairs (ou assimilés, pour plus de modestie). Il s’agit de profils un temps assez proches du mien et qui évoluent ou ont évolués de différentes manières, soit en se spécialisant, soit en agrégeant de nouvelles compétences hors sphère technique (souvent des compétences managériales et de conduite de projets complexes). Arrivant par la technique pure et étant autodidacte, si j’ai appris avec le temps à soigner mon syndrome de l’imposteur, je n’en ai pas pour autant perdu de vue mes lacunes. J’ai donc un besoin vital de multiplier mes différentes sources d’apprentissage et d’opinions ainsi qu’un intérêt certain à bénéficier des retours d’expériences d’autrui. Il s’agit, pour moi, de la seule façon de ne pas risquer de finir par stagner dans mon microcosme quotidien.

Cela va sans dire, en retour, j’espère un peu le même type de comportement lorsque je reçois une invitation. Malheureusement, de plus en plus souvent, beaucoup d’entre elles émanent de profils commerciaux. Ces derniers fonctionnent bien souvent à l’ancienne et se montrent simplement intrusifs et intéressés par le simple fait de vendre leur came. Ils se contentent bien souvent d’un intitulé de poste, d’une zone géographique et dégaineront l’invitation sans même jeter un coup d’œil au profil. Autant dire que pour ceux-là, ma nature reprend vite le dessus et ces invitations sont froidement déclinées.