Il se sera écoulé une bagatelle de 860 jours, si j’en crois le décompte affiché par mon agrégateur, avant de reprendre le chemin du blog “public”. À quelques sursauts près, l’alimentation d’un autre blog plus intimiste n’a guère connu plus de ferveur. Il faut dire que j’avais pas mal de boulot pour tout remettre en place… dans ma tête. Si tout n’est pas encore forcément bien rangé - cela arrivera-t-il seulement un jour ? -, il y a eu une bonne part de ménage entamée en 2014.

À commencer par ma résolution à cesser mon activité en free-lance et à rentrer complétement et sagement dans le rang. La fin de cette aventure, débutée en avril 2001, a été officiellement prononcée le 31 décembre 2014. Le sentiment qu’il en reste est mitigé. Il y a un grand soulagement à se débarrasser de tâches administratives pénibles et à savoir que les revenus seront normalement constants de mois en mois. Mais il y a également ce sentiment d’avoir perdu un sacré morceau de ma liberté et d’être tenu un peu trop court en laisse. J’ai passé l’année 2015 à essayer de chasser cette vilaine impression. En vain. C’est comme un goût amer qui ne cesserait de prendre le dessus sur tous les édulcorants possibles…

Pendant ces 860 jours, il n’y aura aussi eu que très peu d’escapades photos. Trop peu. Et cela a laissé des marques. Un peu moins à l’aise avec le gros reflex entre les mains. Des cadrages pas toujours des plus judicieux. Mais surtout beaucoup de nuages sombres au moral alors que le contexte ne les justifie pas réellement. En plus de la pratique clairsemée de la photographie, ma relation à l’écriture a également été mise à mal. Passer une (trop) grande partie de ses journées à pisser des emails, des contrats, des propositions commerciales, des comptes-rendus, etc., etc., ça use. On finit par vouloir se tenir loin d’un clavier en rentant du bureau. Ce que j’ai fait. En guise de récompense, j’ai hérité de nouveaux nuages encore plus sombres et quasiment indécrottables.

Et puis il y avait une résolution que je m’étais faite et à laquelle je ne m’étais pas encore tenu : reconstituer un Moi unique sur le Web. Idée un peu farfelue, voulant à la fois tout et ne rien dire. En résumé, un joli fourre-tout pour des petits projets. L’occasion de me réapproprier le clavier pour écrire des choses plus ou moins futiles, pour coder des bidules “juste pour voir” et, pourquoi pas, m’obliger à trouver le temps de m’échapper pour faire des photos. J’ai donc décidé que le moment d’établir ma demeure “numérique” une bonne fois pour toute était arrivé.

Une seule adresse, pour tout et pour tout le monde. Et si nécessaire, voir ensuite comment n’afficher qu’aux personnes concernées les contenus adaptés. Un point central pour tout ce que je souhaite publier et partager, sous mon contrôle, clairement identifié et identifiable. L’occasion de revendiquer qui je suis et où l’on peut me trouver.

Je viens à peine de poser la première brique que je trépigne de passer à la suivante. J’ai un sac plein d’idées saugrenues dans lequel piocher.  Et plus j’en sors, plus il m’en vient d’autres.

Après 860 jours, je crois bien distinguer une éclaircie…