Morality is a touchy subject that varies widely among individuals and cultures, and this post is not meant to imply that my sense of morality is necessarily correct. However, I feel that people who are fortunate enough to survive on their own means have an obligation to give back to their community. I believe that some degree of self-sacrifice and civic duty is necessary to build and maintain a community that we all want to live in. This can come in many forms — giving to charity, doing volunteer work, or in my case, writing free software. It doesn’t really matter how you try to contribute to your community, it just matters that you are doing it.

Jeremy Kahn - “Open Source as a Civic Duty”
(Traduction française disponible sur Framablog)

Je vais commencer en faisant preuve de sincérité : je n’éprouve ni le besoin de “rendre” à la communauté, ni même le sens du sacrifice personnel. Comprendre que je ne me considère pas redevable (peut-être à tort), pas plus que j’estime fournir un effort particulier quand il s’agit de diffuser quelque chose en Open Source. Et puis, au final, partager ne m’engage en rien.

Je suis également toujours un peu gêné lorsque je vois associés contribution Open Source et altruisme. L’acte n’est pas totalement gratuit. Outre son ego que l’on flatte (pour certains), il y a surtout un enrichissement latent. C’est d’ailleurs la raison de ma préférence pour le terme “partage”, plus que “contribution”. S’il peut s’agir des retours de ses pairs, il en va également des rencontres et échanges occasionnés. Evidemment, tout n’est pas toujours tout rose, mais c’est une autre histoire.

Ce que je retiens, c’est cette envie d’un autre modèle de société. Où la consommation et les profits ne sont plus au centre du système et où un certain pragmatisme s’installe : capitaliser sur un savoir, améliorer ou adapter ce qui peut et a besoin de l’être, bâtir des nouvelles choses en s’appuyant sur des fondations existantes et accessibles, gagner du temps en réutilisant, comme une autre approche du recyclage.

L’autre aspect important est bien de distribuer à la fois le résultat, la démarche et les connaissances de base qui ont permis toute contribution. Si cela ne sonnait pas autant présomptueux, je pourrais dire qu’il s’agit ainsi de verser au patrimoine intangible de la connaissance communautaire et à une forme d’éducation permanente qui nous permettraient de mieux appréhender ce que nous souhaiterions pour notre évolution.

J’en profite pour faire un rapide détour par cet autre article, dont j’ai vu passer le lien fin de semaine dernière.

I want the people who will help shape our society in the future to understand the technology that will help shape our society in the future. If this is going to happen, then we need to reverse the trend that is seeing digital illiteracy exponentially increase. We need to act together, as parents, as teachers, as policy makers. Let’s build a generation of hackers. Who’s with me?

 Marc Scott - “Kids Can’t Use Computers… And This Is Why It Should Worry You”

Je me rappelle avoir grommelé plus d’une fois en lisant régulièrement le mot “bidouillabilité” chez Tristan Nitot. Mais il me faut admettre que tout ce beau monde se rejoint assez naturellement lorsque je réfléchis à la forme de société que je souhaiterais pour ma descendance.

Cela ne se résumerait-il pas tout simplement par “ouverture” ? L’ouverture aux “autres”, l’ouverture du code, des standards et formats, l’ouverture d’un équipement informatique, etc.

Et si notre véritable devoir civique était de toujours privilégier l’ouverture ? En tout cas, il devrait l’être pour tous ceux d’entre nous qui revendiquent le droit à l’autonomie, la liberté et l’auto-détermination.