Voici un petit livre (env. 108 pages) que j’avais repéré depuis un long moment mais qui ne s’était encore jamais retrouvé dans mon panier d’achat.

J’ai craqué en fin de semaine, et je ne le regrette pas. Il faut passer outre le buzzword “Big Data” mentionné dans son titre : il ne s’agit pas là du traitement marketing dont éditeurs et constructeurs informatiques nous rabattent les oreilles ces dernier mois. Pas plus qu’il ne s’agit d’une énième tentative d’établir une définition pompeuse à grands coups de “V” de ce qui qualifierait ou non le “Big Data”.

La définition retenue pour ce livre par ses auteurs est bien plus concrète et significative :

Today, we operate in an always-on, digital world: We work online, we socialize online, we follow news and our favorite shows online, we file taxes online, we bank online, we may even gamble or pursue sexual interests online. And everything we do leaves a digital footprint, so much so that we had to give it a name: Big Data.

Terence Craig & Mary E. Ludloff. « Privacy and Big Data. » O’Reilly Media.

Présenté de la sorte, le “Big Data” prend un vrai visage. Ou plutôt une multitude : celui de chacun de nous, dans nos activités numériques qui ne sont jamais qu’un prolongement en ligne de nos vies.

Il est amusant de voir que cet ouvrage date déjà de 2011 et qu’il est pourtant plus que jamais criant d’actualité. Je pense évidemment aux nombreux passages sur les instances de régulation et agences gouvernementales de tout poil. Cela ne le rend que plus savoureux.

Au long de cette petite centaine de pages, les auteurs passent en revue les différents aspects qui composent notre vie privée. Un terme si simple et si évident, qu’on en vient rapidement à oublier à quel point ce qu’il regroupe est dense, complexe et changeant. Chapitre après chapitre, tout est fait pour nous rappeler, pour inscrire une bonne fois pour toutes dans nos réflexions, que la notion de vie privée n’est pas unique et immuable. Qu’elle évolue selon le contexte et peut se transformer au passage des frontières. 

Underlying all of this is how we attach value to what we perceive as a violation of privacy. “What’s the harm” is a common refrain in almost any privacy discussion because, particularly in the U.S., the danger that can be quantifiably shown dictates the level of response. For example, identity theft is a common risk to personal information violations. These violations may occur due to computer hacking, poor corporate and organization data security policies, or by individuals who simply impart too much information about themselves. Although these items are often classified as data security issues, they are also part of the larger privacy debate as data security breaches can lead to privacy violations. In these instances, the harm can be substantial in terms of financial loss which is why almost every country in the world has passed and enforced data security (or protection) laws and policies.

Of course our expectations of privacy and perceived harms are also driven by our history, culture, and society which, in turn, shapes those expectations. This results in what can only be characterized as divergent views and expectations of privacy with equally divergent bodies of laws and regulations that enforce privacy and assign harm. The American and European views of privacy certainly illustrate this divergence. While neither view is good or bad, there is a classic contrast between the two.

Terence Craig & Mary E. Ludloff. « Privacy and Big Data. » O’Reilly Media.

Vous l’aurez compris, si vous êtes encore en vacances, j’ai un petit livre sympa à vous recommander pour vos après-midis sur la plage. Et je parie que vous regarderez différemment vos photos “instagrammées” et vos tweets géolocalisés / “foursquarisés” de vacances.

Au moins pendant un temps…