The internet is evolving into a private-sector space that is primarily accountable to corporate shareholders rather than citizens. It’s constantly trying to sell you stuff. It does whatever it wants with your personal information. And as it begins to be regulated or to regulate itself, it often happens in a clumsy and harmful way, hurting the internet’s ability to function for the benefit of the public.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, Sue Gardner est la directrice exécutive de la fondation Wikimedia. Directrice sur le départ, précisons-le, puisque c’est suite à une offre d’emploi destinée à la remplacer (retweetée par Karl Dubost) que je suis tombé sur le billet cité en introduction.

Dans cet article, Sue pointe du doigt la censure grandissante qui s’abat sur Internet, mais également la dérive marchande de ce média qui se voulait à la base un vecteur de partage(s); soulignant à quel point la répartition entre les intérêts privés, commerciaux et gouvernementaux, d’une part, et les notions de liberté d’expression, généralisation du partage et transmission du savoir, d’autre part, se trouve désormais inégale.

En démissionnant de son poste, Sue ne rend pas les armes. Bien au contraire, elle compte bien jeter ses forces dans la bataille, comme on peut le lire dans l’annonce de son départ proche :

Increasingly, I’m finding myself uncomfortable about how the internet’s developing, who’s influencing its development, and who is not. Last year we at Wikimedia raised an alarm about SOPA/PIPA, and now CISPA is back. Wikipedia has experienced censorship at the hands of industry groups and governments, and we are –increasingly, I think– seeing important decisions made by unaccountable, non-transparent corporate players, a shift from the open web to mobile walled gardens, and a shift from the production-based internet to one that’s consumption-based. There are many organizations and individuals advocating for the public interest online — what’s good for ordinary people — but other interests are more numerous and powerful than they are. I want that to change. And that’s what I want to do next.

Si j’écris ce billet, c’est avant tout pour m’obliger à me souvenir qu’il nous faut rester vigilant. Pour ne pas oublier que l’Internet qui me faisait rêver ado, qui a influencé mon choix de carrière et qui remplit mes journées depuis presque deux décennies est un espace précieux, vaste et en perpétuel mouvement.

Mais surtout que son équilibre est fragile.

Photographie prise à l'occasion de Charlottenborg Forårsudstillingen 2013.
L’œuvre représentée est l'installation Gringuljete par l'artiste berlinois Jakob Michael Birn.